• 2018-3 La vie du collégien (1)

    Séance 3

     

    CHAPITRE 1

    LES CADRES INSTITUTIONNELS

     

    I) LES NOUVEAUX ETABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT (suite) 

     

     

    Après l’Empire, c’est un texte du 4 septembre 1821, le «  Statut concernant les collèges royaux et communaux » (on peut le lire dans le recueil de Ph. Savoie, Les enseignants du secondaire…, op. cit., p. 179 et suiv.), qui remplace le statut du 28 septembre 1814. Ce texte de 1821 prescrit une nouveau plan d’étude qui repousse les sciences après la rhétorique, dans les deux années dites de « philosophie », et qui cantonne les langues vivantes à la rubrique des « arts d’agrément » (mais il est vrai qu’auparavant cette matière ne faisait l’objet d’aucune définition). En outre, ce texte souligne le rôle des maîtres d’étude pour les temps de travail des élèves hors de la présence d’un professeur (j’examinerai en détail dans la prochaine séance cette distinction capitale entre « classe » avec le professeur et « étude » avec le maître d’étude).

    Dans les périodes qui succèdent au Premier Empire, une autre distinction en usage est celle entre les différents types de collèges. C’est la distinction des collèges royaux (les anciens lycées), établissements importants, et des collèges communaux, établissements plus modestes. A cette distinction s’ajoute la définition des institutions et pensions – les pensions profitent d’ailleurs de la réticence des familles catholiques ou influencées par le catholicisme à confier leurs enfants aux internats des collèges. « Collèges communaux », cette expression est facile à comprendre : elle rebaptise les « écoles secondaires communales » auparavant définies dans le cadre de l’Université napoléonienne. Et une ordonnance de Louis-Philippe du 29 janvier 1839 sur les collèges communaux (voir le recueil de Ph. Savoie, Idem, p. 248), confirme la différence entre ces deux types de collèges : les collèges de première classe dispensent la totalité du plan d’étude fixé pour les collèges royaux (c’est le « plein exercice »), et une seconde classe est celle des collèges où l’on ne peut suivre qu’une partie du cycle des études secondaires.

    Il est en outre entendu que certains des premiers ont une sorte de rôle moteur, ou disons : un rôle de premier plan. Sous la monarchie de Juillet, par exemple, les cinq collèges royaux de Paris (parmi lesquels Louis-le-Grand et Stanislas, qui est une institution privée), sont ceux entre lesquels se joue le Concours général, qui distribue des titres prestigieux dans l’idée de servir de modèle pédagogique.

    J’ai bien conscience que ces variations d’intitulé sont pénibles ; mais il faut les maîtriser pour ne pas connaître d’erreur.

    Je rappelle des chiffres en partie déjà donnés (séance 1) : d’après le rapport du ministre Villemain du 3 mars 1843, il y a en France, en 1842, 46 collèges royaux (les ex lycées, dont les 5 de Paris), pour 18647 élèves ; 312 collèges communaux pour 26584 élèves ; et 102 institutions (dont 23 sont reconnues de « plein exercice », qui, je le redis, offrent la totalité du cycle secondaire, la philosophie comprise). Il existe aussi à ce moment 914 pensions, qui, elles, envoient aux hautes classes des collèges leurs élèves. Il y a donc au total 69341 élèves dans des établissements de niveau secondaire, auxquels s’ajoutent les 20 000 élèves autorisés dans les petits séminaires.

     

    4) La vie des collégiens dans les collèges (après l’Empire et notamment sous la monarchie de Juillet)

    Mettons-nous maintenant un peu dans l’ambiance. Essayons de nous représenter et de nous rendre sensible le régime de vie et de travail des collégiens. Pour ce faire, je vais surtout présenter et commenter quelques documents. Cette fois, pour un tel objet, il faut recourir à des témoignages, ce qui changera et complètera les textes émanés des autorités gouvernementales.

     

    a) Voyons tout d’abord le problème de l’Internat. D’après l’article « Lycées et collèges » du Nouveau dictionnaire… de F. Buisson, il y a en 1809 dans les lycées nouvellement créés, sur 9068 élèves, 1728 internes ; contre 2141 externes – et les autres ? On ne voit pas bien d’après cet article quels sont les élèves concernés, mais il s’agit sans doute d’élèves qui se font héberger dans des pensions privées (ou parfois dans une famille), en l’absence d’internat ou parfois à l’extérieur des internats existants dans les lycées. Nous en verrons plus loin des exemples. 

    Je parle d’un « problème » parce que, à la fin du XIXe siècle, le régime de l’internat est très décrié, comme pouvait l’être le « lycée-caserne » ; il est tombé en disgrâce, alors que sous l’Empire il passait pour une norme éducative fondamentale (voir supra, séance 1). La critique de l’internat, à la fin du XIXe siècle, est très sensible dans un autre article du Nouveau dictionnaire… de F. Buisson (de 1911), l’article « Internat », précisément. Cet article, très négatif, est rédigé par Jules Steeg, qui fut un acteur éminent des réformes républicaines des années de Jules Ferry. On peut lire dans ce texte que :

     

    « La tradition de l’internat se transmet d’année en année, et inocule aux nouveaux venus, pourvu qu’ils ne soient pas d’un tempérament résistant, les mêmes habitudes, le même langage, les mêmes vices.(…)

    La discipline elle-même, si indispensable pour tenir dans l’ordre ces nombreux écoliers réunis sous le même toit, en évitant certains maux, en produit d’autres. Il est clair qu’il faut imposer le silence à tous ces enfants, non seulement dans la classe et dans l’étude, mais encore dans la salle des repas, dans celle du coucher, dans les escaliers, dans les rangs, si l’on ne veut pas être débordé par un fracas assourdissant et qui rende impossible toute surveillance sérieuse (…). La discipline est bonne aux enfants, elle les plie à la règle, à l’ordre, à l’obéissance légitime ; elle est un élément nécessaire de l’éducation morale. Mais à une condition, c’est que l’enfant puisse s’y soustraire de temps à autre, c’est qu’elle ne pèse pas sur lui comme un joug de fer depuis son lever jusqu’à son coucher, c’est qu’il ne la sente pas sur ses épaules même pendant son sommeil, c’est qu’après avoir obéi, marché en ordre, gardé le silence, il reprenne possession de lui et se sente parfois son propre maître. 

    Nulle part, dans l’internat, il n’y a place pour l’initiative individuelle, pour la responsabilité, pour le libre jeu d e la volonté, pour l’action indépendante. »

     

    Et J. Steeg résume son avis négatif en constatant l’effet pervers suivant (j’emploie à dessein cette expression certes anachronique) :

     

    « L’interne n’a plus qu’un désir, secouer le joug ; qu’un ennemi, la pension ; qu’un idéal, la liberté, et quelle liberté ? celle qu’il ne connaît pas, qu’il pare des couleurs les plus séduisantes, celle qui consiste à faire ce qui plaît, sans retenue et sans frein. » (p. 864).

     

    On voit bien comment et pourquoi est mise en question la discipline de l’internat, jugée excessive (elle était conçue sous une forme militaire à l’origine), maltraitante dirait-on aujourd’hui, et donc contre-productive. Je précise que J. Steeg, est un des représentants du protestantisme libéral, qui sont étroitement et essentiellement associés aux grandes réformes entreprises par les républicains dans le sens laïc. Ancien pasteur, il a été directeur de l’« Ecole normale supérieure de l’enseignement primaire » de jeunes filles de Fontenay-aux-Roses ; il a été membre du cabinet de Ferry. De lui, F. Buisson, directeur de l’enseignement primaire à la même époque, dira dans son éloge funèbre qu’il avait consacré les efforts de toute une vie à substituer au christianisme traditionnel un « christianisme éternel », débarrassé des dogmes et des prêtres.

    Cela étant, il faut se souvenir que, si le modèle de l’internat a été privilégié au XIXe siècle (pas avant, nous le savons), il a été mis en pratique seulement dans les établissements importants, situés dans les grandes villes. Dans les collèges communaux des villes moyennes ou petites (je viens de rappeler cette distinction), les élèves dont les familles sont géographiquement éloignées logent en ville, chez l’habitant, ou dans des pensions extérieures au collège. On en a l’exemple dans un récit de Jules Simon concernant la ville bretonne de Vannes. J. Simon, philosophe bien connu, a été ministre de l’Instruction publique après le second Empire, en 1876 et 1877 ; son texte de souvenirs est intitulé « Le collège de Vannes en 1830 », et il a  été publié par le Revue pédagogique, Nouvelle série, t. VIII, 15 mai 1886, p. 417 et suiv.  J. Simon parle du même collège dans un autre texte de la Revue pédagogique, en août 1888.

    En 1830, J. Simon a 16 ans, et il est en rhétorique. Dans ce collège de Vannes, tenu par les frères Nayl, collège confessionnel, donc, qui appartient à une congrégation - elle-même assez modeste, les collégiens sont tous externes pour la simple raison que l’établissement ne comporte aucun internat. Cela signifie en fait que les jeunes gens logent en ville et non pas chez leurs parents, qui, je le répète, habitent souvent le fin fond de la Bretagne. J. Simon précise que, pour « les jeunes gens de bonne famille », il y a à Vannes deux ou trois pensions tenues par « de vieilles demoiselles » qui s’occupent chacune d’une vingtaine d’élèves. Ces dames surveillent d’ailleurs très efficacement le travail de leurs pensionnaires, au point que ceux-ci paraissent à Jules Simon et à ses semblables « comme des esclaves à la chaîne ». Quel sens accorder à cette remarque ? Probablement le fait que ces élèves sont contraints, d’une manière ou d’une autre, dans la pension même, par la multiplicité des exercices que leur imposent leurs professeurs, alors que les autres externes sont plus libres, et n’ont de compte à rendre que pour les heures de classe (les deux fois deux heures cinq jours par semaine) et les heures d’étude. Au total, la plupart des élèves, internes ou pas, ont « le reste du temps la bride sur le cou » - ce qui fait allusion au flux incessant de devoirs à faire et de leçons à apprendre. Bref, précise J. Simon, nous étions tous fort « laborieux »…

    Puisque j’évoque le cas du collège de Vannes, voici d’autres éléments donnés par J. Simon sur la vie dans cet établissement. La moyenne d’âge des élèves y est de vingt ans. Parfois, quelques fils de paysans qui se destinent à la prêtrise sont encore plus âgés - l’un a 24 ans, soit 8 ans de plus que Jules Simon. Un écart d’âge de 5 ans entre les plus jeunes et les plus âgés semble être une moyenne fréquente.

    En majorité, tous les élèves sont pauvres, malgré quelques « richards » - discrets paraît-il. J. Simon quant à lui, pour subvenir à ses frais, donne des leçons deux fois par jour, matin et soir, à des jeunes enfants. Les pauvres donc, qui ne peuvent se payer les pensions huppées (mais ce terme est sans doute trop fort… : il s’agit probablement d’un petit confort, sans plus…) comme celles des demoiselles évoquées plus haut, logent dans des familles qui leur octroient des chambrettes, voire de simples greniers, et qui les nourrissent en échange d’un maigre émolument. A cause de ce dénuement, les  fils de paysans arrivent le lundi au collège avec des provisions, un gros pain de seigle qui leur dure toute la semaine, coupé en tranche et mangé dans une écuelle où la logeuse « jette un peu de bouillon ». J. Simon loge chez une Mme Le Normand, qui tient par ailleurs la pension des enfants de chœur (six enfants qu’un curé s’efforce d’instruire).

    Vous voilà au total dans l’ambiance… Vous êtes un peu dépaysés, je l’espère. Condition subjective nécessaire, je l’ai souvent dit, pour se plonger objectivement (c’est un paradoxe apparent) dans le passé.

     

    Ecoutons maintenant un autre son de cloche. Passons à un récit relatif à l’internat d’un des grands collèges parisiens, le plus grand et prestigieux, que nous connaissons depuis le XVIe siècle, Louis-le-Grand. Je lis à ce sujet les Souvenirs littéraires, de Maxime Du Camp (t. 1, 1882, j’utilise la 3ème édition, de 1906 ; M. Du Camp, académicien, est aussi connu pour avoir été un proche ami de Flaubert, avec qui il a voyagé en Orient, en Egypte notamment, entre 1849 et 1851). C’est un récit nettement désespéré et désespérant ; sans doute le plus aigu sur ce registre – au moins autant que celui de Jules Vallès, plus connu sans doute, qui porte sur les années 1840.

    De ce récit de Du Camp, j’extrais une scène qui se passe en 1831, donc exactement à la même époque que J. Simon à Vannes – d’où l’intérêt de mettre ces deux témoignages en regard l’un de l’autre. M. Du Camp a neuf ans quand on le met au collège Louis-le-Grand (les collèges se sont dotés de petites classes), et son oncle l’a prévenu : « Tu vas mener un train de vie bien différent, mon enfant ! ». Or la réalité va dépasser cette prévision. Amené auprès du Proviseur par sa mère et sa grand-mère, le jeune Maxime s’entend dire au terme d’une entrevue « courte et sèche » : « Vous entrerez en neuvième ; vous ne sortirez que tous les quinze jours, à moins que vous ne soyez le premier ! ». Ensuite de cela, on le conduit au vestiaire pour qu’il passe le costume réglementaire. Quand il réapparaît en uniforme, sa grand’mère ne peut retenir une exclamation : ‘Quelle horreur !’ » ; ensuite de quoi le jeune garçon s’accroche à sa mère en pleurant. Et voilà comment l’auteur qu’il est devenu retranscrit et commente ses premières impressions de collégien :

     

    « Je comptais sur mes doigts : neuvième, huitième, septième, et ainsi de suite jusqu’à la philosophie : dix ans ! (…) J’y suis resté pendant neuf années, et pendant neuf années j’y ai souffert. (…) Le regret du temps de collège ne m’a jamais visité ; au contraire, cette époque de ma vie ne m’a laissé que des souvenirs exécrables. Encore à l’heure qu’il est, je ne puis voir passer une bande de lycéens sans être pris de tristesse, et lorsque par hasard je rêve que je suis rentré dans un des collèges où s’est révoltée mon enfance, je me réveille avec un battement de cœur et mouillé par les  nuées du cauchemar. Est-ce donc le travail qui me répugnait à ce point ?  - Non pas, j’y avais goût et apprendre a été toujours pour moi un plaisir très vif ; je n’étais pas un cancre comme disait nos maîtres d’étude : j’étais un insurgé. La discipline l’était insupportable et je ne pouvais y plier ma nature. » (p. 55). Et il ajoute : « … en 1840, après avoir terminé ma rhétorique sous le plus doux, sous le meilleur des hommes, j’ai enfin quitté ces bancs maudits, j’ai éprouvé une sensation de délivrance qui me fut délicieuse. » (p. 56) [au passage : neuf ans seulement au lieu de dix : cela pourrait signifier qu’apparemment, il n’a pas suivi la classe de philosophie, ce qui, à certaines époques, n’était pas indispensable pour se présenter à l’examen du baccalauréat].

     

    Lisons ce texte impitoyable en pensant à ceux de nos contemporains qui, aujourd’hui, idéalisent un peu trop le lycée classique… qui aurait été paré de toutes les vertus. C’est à voir !  

    Sur ce plan, le point de vue de M. Du Camp est d’autant plus intéressant que, si sa critique est très forte, s’il dit avoir souffert les neuf années qu’il a passées à Louis-le-Grand, eh bien, en même temps, il ne cache pas qu’il a aimé l’enseignement, la culture qu’on lui a transmise, il affirme qu’il avait le goût d’apprendre et qu’il a fort apprécié certains de ses professeurs (on le sent bien lorsqu’il parle dans cet extrait du « meilleur des hommes ») : c’étaient tous, assure-t-il, « sauf de rares exceptions, des hommes de savoir, d’esprit un peu étroit, mais de façons bienveillantes . Ainsi, en huitième, ce M. Frin, Breton bretonnant qui disait plaisamment à ses élèves « Ne me forcez pas à vous punir » ; et qui, en outre, se fit passer auprès de  Du Camp, qui avait observé et admiré son écriture, pour secrétaire de Chateaubriand… alors qu’il n’en était qu’un copiste éperdument admiratif… Y compris les maîtres d’étude, voués à la détestation des élèves à cause de la stricte discipline qu’ils doivent faire respecter (voir J. Steeg plus haut), y compris ces « pions » donc, font l’objet par M. Du Camp dans son récit d’une appréciation nuancée. On pourrait même dire que Du Camp fait amende honorable, convenant, rétrospectivement, que les maîtres d’étude étaient souvent de respectables personnes dévouées à leur science et à leurs études. En fait, la difficulté du rapport avec cette catégorie d’adultes, explique Du Camp, est créée non par les élèves mais par les professeurs, qui les traitent avec un dédain que nous imitons ensuite, dédain qui est un « très grand tort ». Les pions, continue Du Camp, qui sont « en contact permanent avec nous », font un « atroce métier » (p. 66), et ils nourrissent une grave insatisfaction relative à leur condition – dont ils souffrent encore plus lorsqu’ils rencontrent les riches bourgeois parents de leurs élèves. Nous aurons confirmation de ces tourments avec le récit qu’en fait Alphonse Daudet dans Le petit chose (1868). Daudet qui fut pion lui-même… Il se trouve en outre que plusieurs de ces pions, républicains, se feront tuer lors des émeutes et sur les barricades de la monarchie de Juillet (p. 70). Il se peut d’ailleurs, comme le signalent d’autres témoignages, que, en 1848, certains seront parfois abattus par des élèves ! (M. Du Camp, dans son autre texte autobiographique, plus précoce, les Mémoires d’un suicidé, 1853, se montre plus amer et plein de rancune envers les professeurs et les pions… notamment en affirmant : « je ne me sentais ni pitié ni merci pour ces hommes que j’accusais de torturer ma jeunesse » (3ème édition, 1890, p. 50, 1853].

    Puisque j’ai parlé de la vêture du collégien, prenons connaissance de quelques représentations. M. Du Camp, dans le même chapitre de ses Souvenirs littéraires (p. 54), décrit le costume qu’on lui fait passer le premier jour au collège. C’est « une sorte de  costume d’invalide qui avait déjà servi : habit à larges basques, pantalon à grand pont, gilet droit, souliers avachis ; le tout fut marqué de mon numéro matricule : 499 ». » .

    Un historien, Robert Burnand, dans La vie quotidienne en France en 1830 (Hachette, 1943, p. 242) nous dépeint un habit en pans à gros drap bleu, un pantalon gris, une cravate noire, un chapeau haut-de-forme (dans leur trousseau il y a aussi des draps marqués de leurs initiales). Quant aux professeurs, ils portent une toge, jaune pour les lettres, rouge pour les sciences. Une photographie de l’habit bleu, la veste longue, une sorte de tunique, se trouve dans un ouvrage que j’ai plusieurs fois recommandé pour son irremplaçable iconographie, Le patrimoine de l’éducation nationale, éditions Flohic, 1999, p. 451.

    Je doute du chapeau des élèves, si j’en crois certaines images de l’époque, que je soumets ci-dessous à votre observation. Voici une planche, sorte de bande dessinée amusante, sur les situations typiques de la vie au collège, reproduite dans l’Histoire littéraire de la France, 1976 (n’ayant pas le volume à ma portée, je n’ai pas retrouvé la référence – je l’ajouterai plus tard).

    Après l            a première photo, de la planche totale, j’ai reproduis certaines des images, grossies au zoom, ce qui sera inutile si vous pouvez vous-même agrandir sur votre écran le format de la planche.

     

    1ère photo : la planche en totalité

    2ème photo : un extrait : à l’étude

    3ème photo : un extrait : un jeu pendant la récréation

    4ème photo : un extrait : « Il poche l’œil d’un élève et le pion le pince. Le rapporteur »

    5ème photo : un extrait : le pugilat.

     

    On voit bien l’habit, et une casquette, tandis que le haut-de-forme est l’apanage du pion.

    Souvenez-vous aussi de l'étude (deuxième photo) : il s'y passe de drôles de choses...

     

     

    Remarque.

    Bagarres et blessures sont des scènes très typiques, souvent représentées. Jusqu’au XXe siècle, jusqu’à Pagnol, dans le troisième tome des Souvenirs d’enfance, qui relate l’arrivée de Marcel au lycée de Marseille au début du XXe siècle (Le temps des secrets, 1960). Ceci, à nouveau, pourrait nous dispenser des rêveries sur le « bon vieux temps » scolaire, et nous mènerait à relativiser l’actuel discours sur les violences en milieu scolaire (qu’il n’est pas question de nier pour autant, et dont je n’ignore pas non plus la spécificité). Et je ne parle pas de l’Ancien Régime où les élèves nobles, qui portent des armes (malgré les interdictions) et tirent l’épée quand ils ont maille à partir avec un de leurs condisciples, voire avec un de leurs professeurs ! Zola explique aussi, à propos de son collège d’Aix-en-Provence dans les années 1850, que, dans un tel milieu, « on ne reconnaît guère que la supériorité des gros poings »… (Etudes sur la France contemporaine, 1877 ; cité dans la modeste mais intéressante anthologie de Jérôme Leroy, L’école de Chateaubriand à Proust, Edition Librio, 2000, p. 73). Voyez ci-dessus l’image de la bagarre. Je ne parle pas des épisodes d’insurrections véritables, très violentes, contre la discipline du collège ou du lycée, contre les adultes qui la font respecter, comme lors de la fameuse émeute déclenchée en 1883 à Louis-le-Grand, qui ne fut jugulée que par l’intervention de la police.

     

     


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