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2024-11 Philanthropie de la Société élémentaire

 

Séance 11

suite de la réécriture de Naissances de l’école du peuple (1815-1870)

chapitre III La ligne philanthropique

 

Le jeton de présence de la Maison philanthropique de Paris a été reproduit dans un livre d’A-M Péan de Saint-Gilles sur la dite Maison et ses activités (p . 13), ouvrage publié en 1892. On y voit d’abord un paysage de campagne, ce qui évoque l’attachement à la ruralité et spécialement à la terre, prôné par les physiocrates. Au premier plan il y a une sorte de jardin, ou peut-être une simple plantation et en arrière plan ce sont les habitations d’un village ou même d’une ville, sur une colline lointaine. L’image est entourée de branchages avec feuilles et fruits (toujours la référence à la belle nature) : feuilles de chêne à gauche, pour la force, et feuilles d’olivier à droite, pour la paix. Mais le plus intéressant et important est sans doute le centre de l’image qui montre un bras et une main qui tendent un arrosoir déversant sur les plantes l’eau et la fraîcheur dont elles ont besoin pour croître. C’est là très certainement le symbole du verseau, référence zodiacale prisée dans les loges maçonniques et confirmée par un fragment astrologique en haut, à gauche, barrant le ciel de trois signes (peu lisibles sur cette reproduction). Le verseau renvoie aux sociabilités heureuses. En haut de l’image, presque en dehors, un fanion brandit dans les airs l’inscription « Donec e coelo descendat » :  ‘jusqu’à ce qu’elle tombe du ciel’ (il s’agit, peut-on supposer, de la pluie offerte par l’arrosoir et symbolisée par le signe du verseau).

Par comparaison, que montrent les images chrétiennes antérieures de la charité ? Regardons d’abord le tableau de Charles Lebrun. Cette fois, le charité est une femme. Elle est assisse, de face ; elle porte dans ses bras un nourrisson pendu à son son généreux, tandis qu’un autre enfant, plus âgé, s ’accroche à son bras, et qu’un vieillard, agenouillé va baiser sa main. Au musée national d’Écouen dont j’ai parlé, on peut admirer une représentation assez similaire, sauf que la charité-femme, qui a toujours un petit auprès d’elle, se tient debout.

Du thème chrétien au thème philanthropique, qu’est-ce qui a donc changé ? A part la laïcisation du message, la seconde image appelle non plus à une donation en quelque sorte personnelle et immédiate, perceptible grâce à la mise en scène du corps propre de la femme (peu vêtue ou non), mais à la participation collective au monde économique. Le pauvre n’est plus figuré dans sa recherche des plis et des replis de la chair accorte, comme un havre nourricier abandonné à son avidité. Invisible parce qu’en dehors de la représentation (c’est le point capital), sa présence est seulement suggérée par le moyen qu’on lui donne de se subvenir à lui-même. C’est l’autre sens de la formule latine. « Donec e coelo descendat » signifie alors : sans attendre que le secours bienveillant tombe sur toi comme sur les Hébreux la manne céleste…, travaille ! À la place des individus et de leurs visages, voici donc la série des médiations entre eux, tous les moyens et toutes les causes de leur vie laborieuse : outil agraires, plantes, germination et croissance, etc. À l’extérieur de l’image ou à l’arrière-plan de l’arrière-plan, les pauvres sont désignés par les fonctions qu’ils peuvent endosser et qui leur rendront la vie possible…

Ne négligeons pas par ailleurs le fait que cette activité laborieuse est ordonnée sur l’axe du temps. Car l’arrosage est un geste de patience ; il est un commencement ; il promet ou plutôt il prévoit un avenir. Disons-le clairement : c’est justement dans le sillage de la philanthropie que la notion de prévoyance devient une notion clef de la doctrine philanthropique et de l’idéal de bienfaisance, concrétisée par l’instauration de caisses d’épargne. Les fondations d’écoles relèvent de la même logique. En réaction contre la charité chrétienne, il n’est donc plus seulement question de soulager la misère ; il faut avant tout l’empêcher, la prévenir. C’est ce qu’écrit le 3 janvier 1783 le curé de Rantigny, l’abbé Canard, au duc de La Rochefoucauld-Liancourt, en évoquant la création d’une manufacture dans le domaine du marquis. Le curé explique en effet, en référence à l’ancienne manière de secourir les pauvres : j’ai mille fois pensé…

 

« que de pareilles aumônes ne fussent que pour soulager la misère et non la prévenir. Né dans une province où le grain est presque toujours d’un tiers plus cher que dans ces contrées, cependant on n’y voit plus d’indigents, les terres possédées par des seigneurs moins grands que dans leurs libéralités sont habitées par des gens à qui la nécessité donne de l’industrie. L’un et l’autre sexe occupé dès l’âge le plus tendre, trouve dans un travail proportionné à ses forces, des ressources contre les besoins de la nature. » [Note 1 : cité par Jean-Dominique de La Rochefoucauld, Claudine Wolikow, Georges Ikni, Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt : 1747-1827, de Louis XV à Charles X, un grand seigneur patriote et le mouvement populaire, Paris, Perrin, 1980, p. 127. Au siècle suivant, XIXe, l’opposition entre soulager et prévenir la misère est un thème fréquent du discours philanthropiques. Le 10 mai 1824, le Journal de la Société de la morale chrétienne, p. 22-23, note en ce sens : «  La charité est satisfaite quand elle a soulagé l’infortune ; la philanthropie ne peut l’être que quand elle l’ a prévenue »… ].

 

Si donc le secours bienfaisant, à l’opposé de ce qui serait une dilapidation charitable (le mot n’est pas trop fort), arrive comme l’eau pour les plantes et comme les plantes pour l’homme, l’image de la manne céleste (A.T., Exode, 16 - la seule allusion que Péan de Saint-gilles dit «  vaguement entrevoir »), qui semble appropriée, ne doit toutefois pas nous tromper, parce que l’exergue de l’image (« jusqu’à ce qu’elle tombe du ciel ») a selon moi le sens contraire et a donc une dimension ironique. Je propose ici l’idée que dans la pensée des philanthropes la pratique de la bienfaisance reprend le sens de la bonté divine, mais… dans un monde sans divinité, autrement dit c’est une bonté émanée de la seule communauté des hommes. Finalement, cette communauté est l’élément à la fois le moins visible et le plus présent dans l’image ; car c’est l’acteur principal du jardin florissant, des maisons et du clocher sur la colline. Telle est du reste la signification globale de l’image, le signe du verseau qui évoque les sociabilités, la coopération et la fraternité. C’est l’annonce du bonheur d’être ensemble, donc une invite pour les riches à se rendre disponibles pour les pauvres comme pour tous les membres de l’espèce humaine.

 

4 Passons maintenant au discours philanthropique de la Société pour l’instruction élémentaire, et essayons de comprendre comment et pourquoi les créations d’écoles pour les pauvres sont associées aux idéaux de bienfaisance.

Dans la revue périodique de la société élémentaire, le Journal d’éducation, l’une des professions de foi les plus typiques du courant philanthropique apparaît sous la plume de La Rochefoucauld-Doudeauville. Celui-ci décrit avec force détails le « triste état du pauvre » qui ne possède que sa qualité d’homme et qui est une sorte d’orphelin moral sur lequel tout gouvernement devrait désormais se faire une obligation de veiller. C’est une première raison d’ouvrir des écoles. Deuxième raison, l’universalisme qui est au coeur des stratégies de bienfaisance impose de gagner à l’instruction, tous les hommes, «  la masse entière de la société humaine ». Dans son rapport à Napoléon du 27 avril 1815 Carnot assurait de même la nécessité de «  faire participer la plus grande portion de la génération qui s’avance au bienfait de l’éducation primaire ». [Note 2 : citation extraite d’ Hippolyte Carnot (son fils), Mémoires historiques et militaires sur Carnot, Paris, 1824, p. 468 . Voir aussi un texte du baron Malouet, in Journal d’éducation, t V, 1818, p. 202].

La Révolution avait su créer un système national d’éducation qui pouvait satisfaire l’idéal universaliste. Mais en 1815, la doctrine de la Société élémentaire s’inscrit moins dans le sillage du Comité d’instruction publique de l’Assemblée législative que dans la tradition du Comité de mendicité de la Constituante. Et il n’est pas inessentiel de ce point de vue que le président de ce dernier Comité ait été le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt, un des membres les plus prestigieux de la Société élémentaire. Car la Société applique à l’instruction l’idée d’un droit des pauvres, ce qui rend la généralisation de l’instruction primaire indispensable en vertu non pas d’abord d’une injonction morale que le riche s’adresserait à lui-même, mais en fonction d’une revendication que le pauvre pourrait légitimement porter et lui demander de reconnaître. C’est en ce sens que le baron Malouet, membre de la Société filiale du Pas-de-Calais. proclame : «  L’instruction est un bien auquel ont le droit de prétendre toutes les classes de la Société ». La Rochefoucauld-Doudeauville affirme également que l’ignorance du pauvre est une « violation de ses droits » [note 3 : Pour ces deux citations voir le Journal d’éducation, t. VI, 1818, p. 6 et 311. De même dans un texte de Lasteyrie, t. 1, 1815, p. 186]. N’y a-t-il pas dans ces prises de position une thématique plus « sociale » (voire socialisante?) que celle qu’on attribue au libéralisme traditionnel ? Ce point sera examiné plus loin…

Un autre constat s’impose. Dans les textes que nous parcourons, le mot « pauvre » est souvent concurrencé par le mot « peuple ». On rencontre des expressions comme « instruction du peuple » ou « école du peuple » (cette dernière formulation remplace celle des « écoles de charité » - formulation qui est toutefois encore en vigueur [Note 4: Voir le Journal d’éducation, t. 8, 1819 p. 331 et suiv., et surtout le t. 1, 1815, p . 327, où Gérando explique que les écoles mutuelles poursuivent le projet des écoles de charité ]). On peut quand même dire que le terme central du discours philanthropique, le terme qui retient le mieux les valeurs de ce courant, c’est l’adjectif « populaire ». IL arrive en bonne place dans le rapport de Carnot à Napoléon, lorsque ce texte présente les « créateurs et directeurs de l’enseignement populaire » [Note 5 : cité par R. Tronchot, in L’enseignement mutuel…, op. cit., t. 1, p. 114]. De même ; beaucoup plus tard, Guizot, dans ses mémoires, évoque le mouvement en faveur de « l’instruction populaire » [Note 6 : Guizot, Mémoires pour servir à l’histoire de mon temps, 2ème éd. Paris, 1860, t. 3, p. 57-58]. Dans le lexique des philanthropes s’impose alors la terminologie qui va rendre familier, pour longtemps, ces préoccupations et d’autres très voisines comme celles pour les « livres populaires », les « bibliothèques populaires », les « almanachs populaires » etc.

Notons que ces valeurs deviennent d’autant plus admises et évidentes en cette première moitié du XIXe siècle qu’elles ont pu reléguer l’objection conservatrice d’après laquelle une instruction trop largement dispensée au peuple pourrait être un ferment de désordre et de révolution. Lasteyrie et Laborde (personnalité du parti libéral) signalent cette réticence, en affirmant qu’elle « n’est malheureusement que trop répandue » et qu’il existe bien des hommes « assez aveugles pour mettre en question l’utilité de l’instruction du peuple » [Note 7, Journal d’éducation, 1815, t. 1, p 186 ; voir aussi le successeur de ce journal, le Bulletin de la Société pour l’instruction élémentaire », 1829, t. 1, n° 5]. Il y a toutefois assez peu de formules aussi clairement obscurantistes dans la littérature philanthropique. Lors du débat parlementaire de 1822 sur la suppression de la subvention accordée jusque là aux écoles mutuelles, lorsque Pierre-Paul Royer-Collard (1763-1845 - le philosophe membre éminent du groupe de « doctrinaires », ces libéraux qu’on dirait aujourd’hui centristes) reprend la critique de ces « personnes d’ailleurs respectables » qui perçoivent dans l’ignorance un facteur d’ordre social et politique, c’est-à-dire un bon moyen d’inspirer aux classes inférieures la soumission et le respect, il recueille en réponse un mouvement d’indignation sur les bancs conservateurs où l’on semble protester de sa bonne foi. Car le retranscription du débat nous indique : «  Voix à droite. On ne dit pas cela . » [Note 8 : Cité par Pierre Auguste de Rostaing de Rivas (1756-1820), De l’origine de l’enseignement mutuel et de son introduction en France, Nantes, 1858, p. 50].

 

Dans ce contexte, l’idée d’instruction populaire a un sens à la fois moral et politique. Sur le plan moral, l’instruction populaire est faite pour tous les membres de l’espèce humaine C’est l’argument universaliste déjà évoqué. Il est inadmissible, entend-on, qu’un seul être intelligent et sensible vive sans que soient cultivées, arrachées à leur enfance, ses facultés physiques et mentales qui sont «  les plus nobles attributs de l’humanité » [Note 9 : Gérando, « Discours de distribution des prix à l’école de Brunoy » (Seine-et-Oise), in Journal d’éducation, t. 1, 1815, p. 20. Cf. aussi La Rochefoucauld-Doudeauville, in idem, t. 8, 1819, p. 6]. C’est dire que l’éducation primaire est le « ritable moyen d’élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » ; elle est ce par quoi ces individus peuvent accéder à leur propre devenir humain et sont rendus aptes à exercer leur humanité [Note 10 : Carnot, Rapport à Napoléon du 27 avril 1815. Cité par H. Carnot, Mémoires sur Carnot..., op. cit., p. 468].

Sur le plan politique, l’instruction populaire s’adresse à des classes sociales, nous le savons aussi, avant tout la « classe inférieure » de la société, ou «  classe laborieuse », « la plus nombreuse ». De ce fait, la population française est déclinée en catégories hiérarchiques, suivant des notions habituelles en économie depuis le XVIIIe siècle : au dessus des classes inférieures il y a les « classes moyenne», et au dessus des classes moyennes les « classes supérieures »… qui occupent et doivent conserver le « premier rang ».

Le livre d’Alexandre de Laborde (1767-1842 ; comte - d’Empire), Plan d’éducation pour les enfants pauvres, suit exactement ce schéma, pour procéder à une évaluation des différents besoins d’éducation. Les plus importants besoins sont d’ailleurs attribués par Laborde à la classe moyenne, parce que, selon l’auteur, cette classe est devenue la « base de la société », d’où proviennent les « jurisconsultes », les médecins, les instituteurs, les ecclésiastiques et tous ceux qui ont « dans les mains la fortune, la santé, l’éducation, les secrets des familles » [Note 11 : A. de Laborde, Plan d’éducation…, op. cit., p. 46].

L’originalité de la problématique scolaire de ces philanthropes de 1815, notamment parmi eux les aristocrates libéraux c’est donc que leur intervention articule un schéma moral universaliste avec un schéma politique différentialiste, le tout étant destiné à les laisser à leur place, moyennant quoi les secours aux pauvres n’aplaniront pas les inégalités ! Voilà ce qui sépare ces philanthropes des projets républicains de la Constituante et de la Convention ou, plus tard, ceux de la Troisième République (encore prégnants de nos jours) .

 

On peut toutefois mettre au crédit des philanthropes du premier XIXe siècle le fait qu’en voulant « approprier »  ou « proportionner » l’enseignement primaire aux besoins des classes existantes, ils ont aussi développé le thème républicain fondamental du mérite individuel, c’est-à-dire l’idée que l’instruction doit favoriser l’éclosion de tous les talents et ainsi permettre l’accès à des positions et des places en rapport avec un mérite scolaire démontré.Très insistant dans le discours de la Société élémentaire, ce thème est exposé par Laborde en référence à la grande loi militaire du comte de Gouvion Saint-Cyr en 1818, puisque cette loi, par opposition à l’Ancien Régime, prévoyait que le recrutement devait désormais permettre à tout soldat d’« arriver à tous le grades sans autre limite que ses talents et ses services » [Note 12 : Journal d’éducation, 1818, t. 7, p. 122].

Dans cet esprit, un moniteur général d’une des écoles mutuelles (gratuites) de Paris, envoie en 1825 au Journal d’éducation une lettre dans laquelle il raconte l’énorme satisfaction qu’il éprouva et l’immense honneur qui lui fut fait d’avoir été convié à la table d’un des protecteurs parmi les plus éminents de la Société élémentaire (la lettre ne dit pas de qui il s’agit)! Avec d’autres élèves présents ce jour-là, tous distingués par l’obtention d’un « prix de sagesse », on leur servit, comme dans un grand repas de noces, deux dîners successifs, des plats extraordinaires, des desserts aussi délicieux qu’abondants et à la fin des sucreries que le maître de maison offrit en embrassant les élèves. La journée s’acheva en outre par un spectacle de théâtre présenté peu avant aux enfants du roi. Ensuite de cela, le père du prince en personne s’était avancé sur la scène pour adresser à l’assemblée deux couplets de sa composition qui célébraient l’étude, le travail et surtout le mérite de ceux qui les assument entièrement

 

(quelques mauvais vers ! Les voici pour que tout le monde en juge ) :

 

2024-11 Pilanthropie de la Société élémentaire

 Journal d’éducation, 1825, t. 17 ; p. 89 et suiv…].

On voit que la prise en charge tutélaire des pauvres ne cherche plus seulement à alléger leur malheur et à soulager leurs souffrances. Elle veut bien plutôt introduire ou ré-introduire le pauvre dans le droit commun, pour l’affranchir de sa dépendance, chose souhaitable et réalisable quand il sera responsable de fonctions utiles et honorables. Si donc on lui offre le moyen de faire valoir ses capacité, le pauvre pourra quitter sa condition et se défaire des subordinations qui y étaient liées. Là se fait jour également la perspective d’un gouvernement des élites. Car, comme dit le préfet de la Somme Lezay-Marnésia en octobre 1817 dans un discours aux membres de la Société locale, ceux qui prétendent « à être autre chose que le peuple » devront être plus instruits que lui, d’où il résultera que « mieux observés par les inférieurs, les supérieurs seront dans la nécessité de mieux s’observer eux-mêmes » [Note 13 : Journal d’éducation, 1817, t. V p. 8].

Le conflit entre les deux modes de distribution des postes (celui basé sur un privilège - au sens de l’Ancien Régime, et celui défini par le mérite personnel) a duré longtemps dans le première moitié du XIXe siècle. Stendhal en révèle l’acuité sous la monarchie de Juillet, lorsqu’il montre Lucien Leuwen cherchant à séduire Madame de Chasteller, la belle ultra de l’aristocratie nancéenne, prévenu par un sous-lieutenant que « le mérite n’est pas grand-chose en ce pays-ci ; c’est le rang qu’on a et la noblesse qui font tout » [Note 14 : Stendhal, Lucien Leuwen, Paris, livre de poche, 1960, p. 72]. Or à ce moment précis, Guizot s’intéresse à l’éducation et, comme il le prétendra plus tard, il légifère sur ce terrain en prenant en compte cette aspiration typique de la société française post-révolutionnaire : que le mérite personnel est «  la première force comme la première condition du succès dans la vie », alors que sont devenues « fragiles toutes les supériorité données par le sort, la naissance ou la richesse ». [Note 14 : Guizot, Mémoires…, op. cit., p. 12].

 

(fin du chapitre)

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